Éditorial
Accélérer, oui – mais pas à n’importe quel prix
L’Union européenne veut devenir plus compétitive – et la normalisation est censée suivre le mouvement. De nouveaux formats tels que l’European Agile Specification promettent plus de rapidité et de flexibilité. Aussi compréhensibles que soient ces désirs d’accélérer les processus, ils ne doivent pas nous faire oublier sur quoi repose la force de la normalisation européenne : sans une vaste participation, sans enquête publique et sans le consensus de tous les cercles concernés, la normalisation perd sa légitimation et, par là-même, son impact sur la SST. Le processus de normalisation semble, certes, lent et bureaucratique, mais c’est précisément sur les principes fondamentaux de ce processus, et notamment sur la participation de toutes les parties concernées, que repose la vaste acceptation de ses résultats qui, au final, offrent une sécurité juridique.
Précisément dans les domaines qui touchent à la sécurité, ce n’est pas de compromis à court terme dont nous avons besoin, mais de bases solides et pratiques. L’accent mis par la politique sur la compétitivité ne doit pas se traduire par un relâchement de principes qui ont fait leurs preuves. Des procédures plus rapides sont nécessaires, certes, mais pas à ce prix.
Si l’Europe veut être prête à affronter l’avenir, l’innovation dans la normalisation et la fiabilité doivent être considérées comme un tout. Cela signifie qu’il faut, certes, mettre en place des réformes, mais sans nuire aux fondements. Ce n’est que sur cette base que la normalisation pourra, à l’avenir encore, contribuer efficacement à garantir la sécurité sur le lieu de travail.