Rapport KAN 13
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| Les micro-organismes dans l'atmosphère au poste de travail - les actinomycètes; 2e édition 02/1999 - G. Dannenberg/A. Driesel (388 KB) |
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Résumé
1. Introduction
Cette étude a pour objet d'élaborer une procédure de mesure standardisée permettant de détecter les actinomycètes (bactéries à Gram+, pour la plupart aérobies, provoquant la formation de mycélium) véhiculés par l'air dans l'atmosphère du poste de travail. A cet effet, les auteurs ont compilé les connaissances disponibles sur le sujet et élaboré une première approche pour une normalisation possible.
Une telle procédure de mesure s'avère nécessaire, car les actinomycètes véhiculés par l'air, et en particulier ceux de type thermophile, thermotolérant et mésophile, constituent un risque pour la santé des travailleurs. Ces bactéries déclenchent en particulier une maladie pulmonaire de type allergique, l'EAA (alvéolite allergique extrinsèque). Les actinomycètes, qui ont une incidence sur la santé des travailleurs, se trouvent surtout dans les installations de compostage, de tri de déchets valorisables, de traitement mécanique et biologique de déchets résiduaires, dans les étables fermées, les silos, les moulins à céréales, ainsi que dans les systèmes de climatisation. Ils peuvent également se présenter en concentrations élevées dans le contexte de la dépollution des sols et de la culture de champignons.
2. Elaboration d'une stratégie de mesure pour la détermination d'actinomycètes
2.1 Problèmes rencontrés lors de l'élaboration d'une stratégie de mesure standardisée
L'un des principaux problèmes rencontrés lors de l'élaboration d'une procédure de mesure standardisée réside dans le fait que toutes les procédures classiques utilisées pour quantifier la concentration en germes véhiculés par l'air dans les micro-organismes viables et capables de se reproduire se basent sur la culture des germes recueillis. Or, le procédé de prélèvement d'échantillons doit, à long terme, permettre également de déterminer la quantité de cellules, ou fragments de cellules, mortes et non cultivables, qui sont en effet également susceptibles de provoquer une réaction allergique.
2.2 Conditions auxquelles doit satisfaire une procédure de mesure
La procédure de mesure doit satisfaire aux exigences suivantes :
- Etre simple d'exécution (grande mobilité des appareils, facilité de changement des milieux, simplicité de nettoyage et/ou de désinfection, insensibilité aux facteurs d'influence externes)
- Ne pas requérir de moyens importants (personnel, temps, investissements)
- Etre performante (bonne reproductibilité, grande fourchette de mesure, différenciation de divers paramètres et de taille de particule, détection des cellules ou fragments de cellules morts)
- Permettre d'obtenir des mesures représentatives pour l'exposition des travailleurs, en termes de charge moyenne et maximale (worst case)
- La limite de décèlement, la sensibilité et la précision de la procédure de mesure doivent correspondre à une valeur de référence provisoire (qu'il restera à définir), applicable au niveau national, relative aux actinomycètes et à leurs unités structurelles allergènes présentes dans l'atmosphère du poste de travail. En termes d'hygiène industrielle, cette valeur de référence constituera le standard que des mesures techniques devront permettre d'atteindre, mais au-dessous duquel il sera préférable de rester.
- Il conviendra d'effectuer plusieurs mesures parallèles. Le nombre de mesures, qui devra être au minimum de trois, dépendra de la durée du prélèvement des échantillons.
- Pour déterminer la contrainte d'arrière-plan, une mesure de référence devra être effectuée à l'extérieur du bâtiment, du côté du vent.
2.3 Procédure de mesure préconisée
Pour mesurer les poussières, il est recommandé d'utiliser le procédé par filtration, largement éprouvée dans la pratique, pour prélever des échantillons d'actinomycètes dans l'atmosphère du poste de travail. Ce procédé permet non seulement d'analyser les cellules vivantes, mais présente en outre l'avantage de déterminer également, dans les échantillons prélevés, la quantité de cellules ou fragments de cellules qui ne sont plus viables (p.ex. d'allergènes spécifiques, par immunoassays, ou d'actinomycètes importants, par sondes ADN ou procédé PCR). Il y a toutefois lieu de poursuivre la recherche dans ce domaine.
2.4 La stratégie de prélèvement des échantillons
Il convient, en un premier temps, d'évaluer le poste de travail pour ce qui est de la présence éventuelle de micro-organismes, ainsi que, au niveau temporel, de l'exposition du travailleur à ces micro-organismes.
Il est important :
- d'effectuer le prélèvement à proximité immédiate du travailleur et à hauteur de respiration ;
- d'effectuer le prélèvement au moment où la charge atteint son niveau maximum. Si l'on souhaite calculer une charge moyenne, des prélèvements peuvent toutefois être effectués lors d'opérations significatives, pour lesquelles on sait par expérience que la charge est moins élevée;
- d'effectuer les prélèvements sur des périodes courtes (maximum 60 minutes), afin de réduire au maximum les risques d'endommagement du matériau biologique ;
- de choisir des matériaux filtrants adaptés aux conditions extérieures (température, humidité).
2.5 Transport
Le transport des échantillons d'actinomycètes est soumis à des conditions particulières :
- la période écoulée entre le prélèvement et l'analyse en laboratoire doit être inférieure à 24 h
- l'échantillon doit être parfaitement protégé contre l'humidité
- la température de transport ne doit pas être supérieure à la température ambiante
2.6 Détection et différenciation des actinomycètes en laboratoire
Les actinomycètes se propageant généralement plus lentement que d'autres bactéries et champignons, on veillera, pour la préparation en laboratoire, à choisir un milieu de culture apte à offrir aux actinomycètes un avantage sélectif.
- Le milieu de culture choisi devra, autant que possible, se composer d'éléments chimiques parfaitement définis (recommandation : glycérine-arginine-agar-agar selon El-Nakeeb et Lechevalier, avec adjonction d'antibiotiques adéquats, p.ex. cycloheximide et/ou nystatine);
- la température d'incubation devra être de 50 °C (actinomycètes thermophiles et thermotolérants) et de 28 °C (actinomycètes mésophiles);
- la durée d'incubation des coupelles inoculées ne devra pas dépasser 14 jours.
3. Recommandation à l'adresse de la KAN
Il conviendra, lors d'un essai interlaboratoire, d'évaluer la procédure de mesure préconisée, avant de la transmettre à la normalisation.
Il convient de promouvoir la recherche relative aux procédures de mesure pour actinomycètes, et ce dans les buts suivants :
- être en mesure d'évaluer avec exactitude l'influence des stratégies de prélèvement des échantillons, du nombre, du transport et de la préparation des échantillons, ainsi que des milieux de culture utilisés sur la qualité des mesures obtenues,
- en se basant sur les aspects évoqués plus haut, poursuivre le perfectionnement d'une procédure permettant de mesurer les actinomycètes véhiculés par l'air.
Outre la procédure de mesure, il y a lieu de faire progresser la recherche également dans les domaines suivants :
- Comparaison des procédures couramment utilisées pour déterminer les germes viables dans l'atmosphère d'un poste de travail, avec des procédures alternatives permettant de déterminer la charge totale causée par des germes vivants et morts, ainsi que par des fragments de ces germes,
Perfectionnement de la stratégie de mesure, promotion des études épidémiologiques portant sur le risque que représentent les actinomycètes pour les travailleurs, et mise en place de règles fondamentales destinées à définir, en matière d'actinomycètes, une valeur de référence applicable au niveau national.
Recommandations de la KAN
Evaluation globale
La KAN se rallie aux conclusions de l'étude et décide de publier celle-ci sous forme de rapport KAN.
Ce rapport donne un vaste aperçu des connaissances disponibles au moment de l'étude au sujet de la détermination des actinomycètes véhiculés par l'air. Toutes les procédures de mesure pertinentes ont été comparées entre elles, et ont servi de base à un premier projet (cf. Annexe) portant sur une procédure de mesure possible, qu'il resterait à standardiser.
Interventions souhaitées de la part de la KAN et de son secrétariat
Il restera à évaluer et à perfectionner la procédure de mesure proposée et élaborée dans l'étude. La KAN estime qu'il y a lieu d'approfondir particulièrement la recherche dans les domaines suivants :
- Evaluation de l'impact de l'étude dans différents laboratoires
- Influence des procédures de prélèvement des échantillons, du nombre, du transport et de la préparation des échantillons, ainsi que des milieux de culture utilisés sur la qualité des mesures obtenues,
- Comparabilité des procédures utilisées couramment pour déterminer les germes viables dans l'atmosphère du poste de travail, avec des procédures alternatives capables de déterminer la quantité totale de germes vivants et morts, et de leurs fragments,
- Perfectionnement de ces procédures permettant de déterminer les cellules ou les fragments de cellules mortes,
- Elaboration d'une valeur de référence applicable au niveau national.
Il conviendra de solliciter à cet effet des aides à la recherche (p.ex. auprès de BAU, BIA).
Avant de passer au niveau de la normalisation, la procédure de mesure préconisée devra, parallèlement, être expérimentée dans la pratique, une première révision de la proposition devant alors être effectuée. Les membres des groupes de travail qui accompagnent le projet se sont déjà déclarés disposés à participer, dans la mesure de leurs possibilités, à un essai unique interlaboratoire. Cet essai nécessaire serait coordonné par le mandataire de l'étude KAN. Les frais de déplacement des membres du groupe de travail occasionnés dans le contexte du prélèvement in situ seront à la charge de la KAN.
La procédure de mesure revue et corrigée sera ensuite transmise au DIN, sous forme de proposition de norme.
Les résultats de l'étude, les recommandations de la KAN et la procédure de mesure devront être transmis à l'Ausschuß für Biologische Arbeitsstoffe (ABAS). Il sera demandé à celui-ci d'adapter la stratégie de mesure aux stratégies de mesure déjà existantes élaborées par l'ABAS, utilisées pour déterminer les substances biologiques de travail.
Interventions souhaitées de la part du DIN
Il conviendra d'informer le DIN des conclusions de l'étude et des recommandations de la KAN, pour permettre de les intégrer dans le travail du WG 5 «Procédures de prélèvement d'agents biologiques» du CEN/TC 137 «Substances dangereuses au poste de travail». Il est demandé au DIN de recourir aux conclusions de l'ABAS pour ce qui est de la stratégie de mesure, et à la proposition de normalisation de la KAN pour ce qui relève de la procédure de mesure.
Quoi de neuf?
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