Rapport KAN 7



typo3conf/ext/kekandocs/icon_pdf.gifNormes européennes sur l'ergonomie - Inventaire et systématique, 08/1996, C. Gutzmann/J.-H. Kirchner/K. Wolberg (2 MB)

 

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Résumé

 

Introduction

1. Dans l’étude, le terme d’ergonomie a une signification très large et recouvre la science du travail (à l´inclusion de la sécurité du travail). Cela comprend non seulement l’agencement des produits techniques ou autres, du lieu de travail, etc. en fonction des caractéristiques humaines, mais également les aspects du travail et de son organisation.

2. L’étude dresse l’inventaire des normes européennes actuelles qui définissent, déterminent et énoncent des points concernant l’ergonomie (nommées "normes ergonomiques" dans ce qui suit) et organise un classement systématique (cf. 4.). De plus, elle mentionne les domaines de l’ergonomie qui requièrent éventuellement un travail de normalisation. Les normes ont été classées par mots-clés sans tenir compte si le contenu de la norme répond aux exigences ergonomiques (par exemple en termes d’intégralité ou d’exactitude).

3. Les résultats disponibles peuvent être utilisés de plusieurs façons. L’accent est mis sur les points suivants:

  • Informer à propos des normes qui touchent l’ergonomie; il faut mentionner que la consultation du système d’information peut se faire par thèmes et par formes d’énoncé.
  • Attirer l’attention sur les lacunes qui peuvent éventuellement être comblées par des réglementations ultérieures (besoin en normes) dans la mesure où, du point de vue allemand, cela va dans le sens de la "Déclaration commune allemande" sur la normalisation européenne.
  • Trouver les passages qui se recoupent.
  • Recourir aux informations sur l’agencement ergonomique et l’évaluation des équipements de travail, des postes de travail et l’environnement de travail.


Le système d’information complète et élargit ainsi judicieusement en ergonomie la banque de données PERINORM, système d’information général sur les normes.



Analyse systématique et méthodologie

4. Les normes européennes liées à l’ergonomie existant à la date du 01/08/1995 ont été analysées et classées en s’appuyant sur un schéma de classification à deux dimensions: d’une part, la dimension thématique (dans les trois domaines conditions de travail, impact et caractéristiques humaines), d’autre part, leur énoncé (termes et définitions, objectifs de protection et d’agencement, procédés de mesure, d’essai et d’échantillonnage, par exemple).

5. La Déclaration commune allemande (GDS) a été intégrée au schéma de classification afin de pouvoir identifier les domaines qui sont problématiques pour la normalisation, parce qu’ils sont réservés à la législation obligatoire établie dans les états membres. On constate ici que les critères annexés au GDS peuvent être interprétés de façon différente. Un classement d’après le schéma en question peut donc varier en conséquence. Celui entrepris dans cette étude est donc à considérer comme base de discussion ou de travail. L’apparition de contradictions ou de confusions pourrait conduire à revoir le GDS.

6. La liste des normes qui se trouvent dans la classe "Ergonomie" du catalogue DIN ne fournit aucune représentation globale de la normalisation en ergonomie qui soit dans le sens de cette étude. On y trouve avant tout des normes européennes dont le titre comprend soit le mot "ergonomie", soit l’expression "dimensions corporelles" (ENV 26385 "Principes ergonomiques de la conception des systèmes de travail" ou ENV 28996 "Ergonomie ; détermination de la production de chaleur métabolique", par exemple). Par contre, toutes les normes dont le titre comprend le mot "ergonomie" ou "ergonomique" ne sont pas ordonnées dans cette classe.

7. Un profil de recherche a été établi à partir de termes propres à l’ergonomie et utilisé dans PERINORM. Sur 1200 normes européennes environ (EN et EN ISO), projets de normes compris, 250 normes à peu près sont sélectionnées comme étant liées à l’ergonomie et sont intégrées au schéma de classement. Certaines normes sont ici retenues bien que leur titre ne révèle aucun lien avec l’ergonomie.



Structure et contenu des normes

8. L’un des principaux résultats de la recherche est qu’il n’existe pratiquement pas de normes générales ou génériques ni de systématique correspondante. Si l’on établit la comparaison avec le domaine des machines, il existe une série de normes clairement ordonnées en normes génériques de type A et B et en normes spécifique de machines de type C. La normalisation de type B pourrait ici couvrir les exigences ergonomiques générales concernant les machines, d’autant plus que la directive machines demande de façon explicite de tenir compte de l’ergonomie ou des principes ergonomiques. A défaut d’une normalisation complète de type B sur l’ergonomie, celle-ci est traitée en partie par des normes de type C qui, la plupart du temps, couvrent donc des questions spécifiques.

9. Exemples illustrant le manque de structure :

  • Faute de normes génériques, les exigences essentielles sont réglementées par des normes de type C (prEN 474-1 "Exigences générales - siège de l’opérateur", par exemple) ou bien réparties entre plusieurs normes (charges admissibles pour l’individu ou températures des surfaces tangibles chauffées dans l’EN 563, le prEN 461 et le prEN 521 par exemple) qui pourraient être résumées en un seul point.
  • Alors que dans le cas des machines, les répétitions sont évitées grâce aux références à des normes génériques, dans d’autres domaines, les normes de type C qui sont à classer dans le même groupe comportent souvent des définitions ergonomiques identiques ou légèrement différentes (EN 140, par exemple).
  • Les trois parties du prEN 894 "Principes ergonomiques pour la conception des dispositifs de signalisation et de commande" ainsi que dans les deux parties du prEN 50099 "Principes pour les dispositifs de signalisation, de commande et de marquage" traitent de termes et de définitions. Une partie propre aux définitions ou bien la mention de définitions dans chaque première partie seulement contribuerait à la clarté et éviterait la réitération de définitions.
  • Il serait judicieux de fixer les exigences qui ne concernent qu’un seul aspect spécifique de l’agencement (indications de température pour les surfaces tangibles dans le prEN 521, par exemple) dans une norme générale et générique.


10. Souvent, il est difficile de connaître l’origine des exigences concernant les caractéristiques humaines qui sont mentionnées dans les normes. Ainsi, on ne sait pas si les valeurs proviennent d’un travail scientifique ou d’une évaluation au moyen d’essais avec individus, ou bien si elles ont été établies plus ou moins arbitrairement et ne découlent aucunement des caractéristiques humaines, bien que cela devrait être ici le cas (EN 441-2 "Meubles frigorifiques de vente", par exemple).

11. Un exemple du manque de coordination entre les normes est le prEN 711 "Bateaux de navigation intérieure - garde-corps - exigences, types". On y indique différentes hauteurs de garde-corps pour les zones passagers et les autres zones.

12. Dans beaucoup de normes classées dans l’étude, les exigences ergonomiques qui sont mentionnées ne sont pas considérées ou identifiées comme telles. Parfois, aucun lien n'est établi avec l’ergonomie, parfois il y a à certains endroits des références directes à l’ergonomie. Dans d’autres exigences de la même norme qui concernent également l’ergonomie, aucun lien n’est établi avec l’ergonomie.

  • La norme DIN EN 25353 "Engins de terrassement" qui est de type C contient des indications sur le point repère du siège qui sont également requises pour d’autres machines sans que cela soit précisé dans le titre ou dans les descripteurs.
  • Le comité technique CEN/TC 151 "Machines pour l’industrie du bâtiment, travaux publics et matériaux de construction" s’occupe des questions d’ergonomie dans trois normes (prEN 474-1, EN ISO 6682 et EN 25353) sans le mentionner de façon explicite. Le contenu de la norme EN 60900 sur les outils à commande manuelle traite également de l’ergonomie sans que celle-ci soit nommée.

13. Lors de la recherche, de nombreuses erreurs qui proviennent de la traduction ont été constatées dans les projets de norme; le nombre d’erreurs est plus réduit dans les versions finales. Les erreurs de traduction surgissent surtout lorsque la langue courante et le langage technique utilisent les mêmes mots avec une signification différente (exemple: dans la norme EN 60204-1, le mot "grip" ne doit pas être traduit par "Handhabe" mais par "Stellteil" ou "Griff"). La version trilingue d’une norme avec une liste de mots équivalents (comme dans la ENV 1070, par exemple) peut contribuer à éviter de telles erreurs.

14. Des déclarations concernant la "charge admissible" sont faites dans beaucoup de normes sans qu’il y soit défini ce que cela recouvre. Les valeurs limites de charge qui sont indiquées donnent une définition indirecte. Toutefois, la charge admissible n’est pas normalisée.



Lacunes de la normalisation en matière d’ergonomie

15. Toutes les catégories du schéma de classification n’ont pu être remplies par des normes se rapportant à l’ergonomie. Un vide dans le schéma correspond donc à l’absence de norme européenne sur le sujet et est considéré comme une "lacune" du système qui régit les normes ergonomiques. Une "carence" est alors lacune lorsqu’il y a un besoin de réglementation (cf. 2). L’étude mentionne en particulier les lacunes suivantes en normalisation :

  • Certaines normes traitent des exigences concernant des outils particuliers. Il n’y a pas de norme générique sur les exigences générales concernant l’ergonomie des outils.
  • L’agencement ergonomique des équipements de travail dans le domaine "matériel agricole et forestier" a des lacunes.
  • Il n’existe jusqu’à présent aucune norme européenne sur les éléments de "protection cutanée" et les "vestes et gilets".
  • Aucune norme touchant à l’ergonomie n’a pu être classée sous l’élément "textiles". Toutefois, des exigences sont parfois requises à propos de matériaux d’équipement de protection individuelle qui pourraient se rapporter aux textiles (pas d’irritations de la peau, par exemple).
  • Le domaine "caractéristiques humaines" ne contient pas de définition sur les "forces physiques".
  • En ce qui concerne la "charge admissible", on donne souvent seulement des indications concernant une charge précise mais pas de valeur repère pour une charge acceptable. Les procédés de mesure de la charge admissible pour les "caractéristiques humaines" ne sont normalisés que pour les "dimensions du corps" et la "détermination de la production de chaleur métabolique" (EN 28996).



Recommandations de la KAN suite aux résultats de l’étude

Evaluation globale

1. La KAN se rallie aux résultats de l'étude et décide de les publier en tant que rapport KAN. Elle partage l'opinion des auteurs selon laquelle l'ergonomie recouvre non seulement l'agencement des produits techniques, des lieux de travail, etc. en fonction des caractéristiques humaines, mais également les aspects du travail et de son organisation. Sont ici considérées "normes ergonomiques" les normes qui contiennent définitions, énoncés et descriptions relatifs à l'ergonomie dans ce sens du terme.

2. La publication du rapport KAN vise deux publics; l'objectif est à fois:

  • d'informer le normalisateur de la normalisation ergonomique dans les nombreux domaines spécialisés et
  • d'informer les fabricants et les personnes et institutions responsables de l'agencement du travail et de la sécurité au travail des normes existantes en la matière et qui peuvent servir de base à l'agencement et à l'évaluation ergonomiques de systèmes professionnels (équipements, postes, environnement).




Ce que doit faire l’Institut allemand de normalisation (DIN)

3. La KAN met la banque de données "Normes ergonomiques" à la disposition du DIN et offre ainsi au FNErg la possibilité de suivre la normalisation réalisée en ergonomie au sein de nombreux comités techniques. Le DIN est prié d'entretenir, c'est-à-dire de compléter et d'actualiser cette banque de données. La KAN propose au DIN de donner accès à l'utilisateur à la banque de données "Normes ergonomiques" sur disque optique compact PERINORM ou bien sur internet. Dans le cas où le DIN refuserait cette proposition, le secrétariat de la KAN se verrait dans l'obligation de chercher d'autres moyens de diffusion en accord avec le DIN.

4. La KAN recommande au DIN d'effectuer une évaluation de la banque de données de la "Kommission Sicherheitstechnik" dans les projets de normalisation relatifs à la sécurité et la santé au travail ainsi que des autres informations internes au DIN dans le but d'identifier les organes de normalisation, outre les FNErg, CEN/TC 122 et ISO/TC 159, qui travaillent à des projets concernant l'ergonomie. Selon la KAN, si l'on optimise l'échange d'informations entre les organes de normalisation, il est possible de mieux gérer les travaux de normalisation et d'améliorer en même temps l'application des résultats scientifiques disponibles dans les normes relatives à l'ergonomie qui est requise dans la pratique.

5. La normalisation de type B sur la sécurité qui vise à concrétiser la directive machines doit fixer des valeurs repères de charges concrètes en tenant compte de la "Déclaration commune allemande" et conformément aux besoins de la normalisation de type C.

6. De même que les normes sur la sécurité qui font suite à la directive machines sont réparties en types A, B et C, les normes ergonomiques relatives à des éléments spécifiques d'agencement (machines à coudre industrielles par exemple) devraient se distinguer de celles concernant les éléments plus généraux (niveau sonore, principes directeurs pour l'agencement, commandes de l'opérateur, par exemple). Il est recommandé d'adopter une classification des normes ergonomiques similaire à celle des machines, vu que cela faciliterait la mise en place d'une structure et la recherche de ces normes. Dans ce contexte, la KAN approuve la répartition des normes relatives à l'ergonomie en 3 groupes "génériques", "d'application" et "de produits" proposée par le CEN/BTS 4. Toutes les normes ergonomiques du secteur "équipement de protection individuelle" pourraient être alors classées comme normes de produits; les caractéristiques humaines indiquées dans ces normes pourraient être aussi rassemblées dans une norme générale ("norme générique", recueil de données anthropométriques ou ensemble de valeurs repères de charges acceptables pour l'individu). De tels projets de normalisation pourraient reprendre la classification des caractéristiques humaines entreprise dans l'étude.

La KAN recommande d'en améliorer la structure de la façon suivante :

  • regrouper les caractéristiques humaines et les exigences ergonomiques dans une norme générique,
  • indiquer dans des annexes informatives la source des/les caractéristiques humaines traitées dans les normes, ou du moins en expliquer l'origine,
  • démontrer le lien entre les exigences ergonomiques et les caractéristiques humaines qui en sont à la base,
  • diffuser un concept général du terme "ergonomie" qui aille dans le sens de cette étude, en particulier lorsqu'il faut déterminer les descripteurs de recherche dans PERINORM.

7. Si l'on tient compte du fait qu'en normalisation européenne, 74 organes de normalisation au moins ont traité des normes ergonomiques jusqu'à présent, la KAN considère urgent que le FNErg et le CEN/TC 122 élaborent un guide pour la rédaction de normes ergonomiques qui permettrait aux autres organes d'entreprendre la détermination de points au contenu égal, tels que par exemple:

  • les données anthropométriques relatives au sexe et à l'âge des individus,
  • les groupes de population (centiles) pour lesquels il faut fixer les dimensions et les caractéristiques de produits, et
  • les charges combinées.

Dans cette mesure, le FNErg, le CEN/TC 122 et l'ISO/TC 159 ont un rôle de coordination à jouer qui, jusqu'à présent, n'a pas été rempli.

8. La KAN considère nécessaire que le FNErg et le CEN/TC 122 élaborent une norme terminologique trilingue sur les termes généraux de l'ergonomie, ce qui contribuerait à améliorer la coordination et la structuration de la normalisation concernant l'ergonomie et accroîtrait la qualité des traductions de normes.

9. La KAN demande au DIN d'apporter un soutien actif aux mesures d'accompagnement du projet consécutif "Ergonomie - Inventaire des normes ISO et DIN, complément de l'étude KAN 06/94".



Ce que doit faire le secrétariat de la KAN

10. La banque de données "Normes ergonomiques" constitue un instrument que l'étude met à disposition et qui permet d'identifier les normes à considérer comme problématiques au regard de la "Déclaration commune allemande". Le secrétariat de la KAN est chargé de tester ce procédé d'identification lors de la mise en application de l'étude KAN "La normalisation dans le domaine de la sécurité et de la santé sur le lieu de travail" (rapport KAN n°2) et d'en maintenir le développement.

11. Le secrétariat de la KAN est chargé d'assurer, en accord avec le DIN, la diffusion de la banque de données sur l'ergonomie auprès des institutions nommées au paragraphe 2.

12. Le secrétariat de la KAN est chargé de se pencher sur le problème que pose l'établissement de valeurs repères pour les charges ergonomiques dans le domaine de la normalisation de produits, en tenant compte de la "Déclaration commune allemande". Cela afin que le Comité de la KAN "Normalisation dans le domaine des directives fondées sur l'article 118a du Traité CE" puisse déterminer sa position à cet égard.

 


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