Rapport KAN 4



typo3conf/ext/kekandocs/icon_pdf.gifPoints d'écrasement - Bases pour la normalisation, 06/1996, F. Sasse (9 MB)

 

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Résumé

 

Etat des lieux et évaluation

1. Les points d’écrasement représentent un risque énorme sur le plan de la sécurité. Si l’on analyse les statistiques, on constate que des accidents par écrasement se produisent fréquemment, à l’occasion de quoi les parties du corps le plus souvent concernées, et de loin, sont les mains et les bras.

2. Le rapport donne un aperçu des règlements nationaux ainsi que des normes et projets de normes nationaux, européens et internationaux où l’on trouve des constats sur la limitation des forces agissantes aux points d’écrasement. Il apparaît alors clairement que les différents règlements partent du principe de procédures de mesure et d’analyse différentes. L’absence d’harmonisation pour les notions et les définitions complique considérablement les possibilités de transpositions des valeurs limite. L’analyse des projets de normalisation a révélé que des principes ont déjà été adoptés pour la limitation des forces agissantes dans la normalisation C. Personne n’applique cependant une méthode uniforme pour la façon d’établir les taux de sollicitation. Pour décrire la sollicitation, on recourt par exemple à des unités de force, de pression ou d’énergie. On note parfois l’absence d’indications relatives à l’appareil de mesure et aux conditions de mesure.

3. Une multitude d’analyses réalisées avec les valeurs limite qui en sont extrapolées pour la sollicitation bio-mécanique du corps et/ou de parties du corps y sont décrites. Comme la majorité des séries d’expériences proviennent d’autres secteurs autonomes, ainsi, par exemple, de l’industrie automobile, il n’est pas possible de mettre à contribution les résultats obtenus à partir des questions différentes et des conditions cadre non comparables (par exemple essais sur cadavres ou mannequins) pour l’adoption de valeurs limite à validité générale pour la sécurité des points d’écrasement.

4. Des analyses ont déjà été réalisées sur la limitation des forces agissantes aux points d’écrasement pour certains cas d’application (machines à imprimer et de traitement du papier, portes de bus, portes et portails exploités mécaniquement). La méthode choisie est celle du calcul de ce que l’on appelle les taux de confort (seuils d’inconfort calculés avec des groupes de cobayes). L’étude décrit les forces agissantes autorisées et calculées ainsi que les appareils et procédures de mesure utilisés à cette fin.

Détermination des besoins de recherches

5. Les recherches ont révélé qu’il existe un déficit considérable en ce qui concerne la possibilité de transfert général des taux de sollicitation bio-mécaniques en provenance des analyses faites au cours du passé en vue d’une application aux points d’écrasement. C’est pourquoi il est nécessaire de faire nos propres analyses pour déterminer les taux de sollicitation pour les parties du corps respectivement en danger. En tant que méthode pragmatique, l’étude recommande de calculer les taux de confort qui ont déjà fait leurs preuves dans plusieurs cas d’application dans le cadre de la détermination de valeurs limite pour la sécurité des points d’écrasement. En tant que priorité, elle indique le calcul de valeurs limite pour le système main-bras.

6. L’auteur recommande de procéder à des analyses en ce qui concerne l’influence qu’a la conception technique des arêtes de fermeture de machines. A partir de là, il faudrait élaborer des propositions pour minimiser le risque de blessures.

Evaluation de la mesure «Limitation des forces agissantes»

7. L’étude nomme des mesures possibles pour la sécurité des points d’écrasement. Deux arguments parlent en faveur de la limitation des forces : selon certains procédés de traitement, il est difficile, voire impossible, d’assurer une protection du lieu dangereux par une séparation dans l’espace. Ici, la limitation des forces agissantes peut constituer une mesure avantageuse sur le plan des coûts et pratique pour l’opérateur. En outre, il convient de rappeler que la norme fondamentale DIN EN 292 «Sécurité de machines, notions fondamentales, principes généraux de conception» implique l’application du principe selon lequel le danger doit tout d’abord être atténué par des mesures de construction avant que l’on prenne d’autres mesures de sécurité.

8. Il ne faut pas oublier que, dans certains cas (par ex. pour les machines à couper le papier), la réduction des forces autorisées n’est possible que jusqu’à un certain degré si l’on veut que le bon fonctionnement de la machine reste garanti.

Calcul des valeurs limite

9. La majorité des règlements mentionnent une valeur limite de forces (statique) de 150 N comme valeur commune. L’étude explique que l’indication d’une valeur statique prise en tant que telle ne suffit pas pour décrire suffisamment la situation de danger.

10. Il y a une multitude de paramètres que l’on droit prendre en considération pour le calcul de valeurs évocatrices. Cela implique que l’on utilise des appareils de mesure uniformes et que l’on définisse les conditions de mesure. En particulier, il faut prendre des décisions en ce qui concerne la rigidité des ressorts en fonction des parties du corps à prendre en considération afin d’obtenir des valeurs comparables et de pouvoir les évaluer. Lors du calcul des valeurs limite autorisées, outre les forces statiques, il faut aussi recenser les forces dynamiques et la durée d’action de la sollicitation.



Recommandations de la KAN

La Commission pour la sécurité et la santé au travail et la normalisation fait siens les résultats de l’étude et décide de les publier en tant que rapport de la KAN.

Evaluation globale

Le rapport donne une vue d’ensemble sur les analyses menées dans le domaine de la limitation des forces aux points d’écrasement. Il présente un bilan des règlements techniques dans ce domaine. Il décrit les besoins de recherche nécessaires pour déterminer les valeurs limite de sollicitations.

Le projet constitue donc une bonne base de travail pour la normalisation.

Besoin général d’action

1. La KAN recommande d’élaborer, conformément à la directive Machines, une norme B qui permettrait de donner aux constructeurs des indications quant au moyen d’assurer les points d’écrasement par limitation des forces agissantes. De plus, outre l’indication de valeurs de référence pour les différentes parties du corps, les procédés de mesure devraient être normalisés en prenant en considération les conditions-cadre proches de la pratique.

2. Par le biais du DIN, la KAN met les résultats de l’étude à la disposition du CEN/TC 122 afin d’encourager les travaux de la WG à laquelle a été confiée une mission de normalisation correspondante. La KAN souligne la nécessité de prendre conjointement en considération les aspects physiologiques et techniques lors de l’élaboration de la norme et elle prie le groupe de travail chargé de suivre le projet de se mettre à disposition pour la collaboration avec la WG 1.

3. La KAN attire l’attention de l’AA 1 (Terminologie) du comité de normes Ergonomie, en tant qu’organe représentatif national compétent, sur le fait que, au fur et à mesure que progressera la normalisation C avec indication de valeurs limite pour les forces d’écrasement, l’obtention d’une norme B sera d’autant plus difficile que l’on entamera plus tard les travaux de normalisation.

Besoins de recherches

4. La KAN exhorte les services compétents (par exemple les organismes de promotion de la recherche) à encourager la recherche dans les domaines mentionnés ci-après. Si possible, ils devraient intervenir en faveur de la mise sur pied d’un projet de recherche déjà demandé dans le cadre du 4ème programme-cadre «Standards, measurements and testing» de l’UE (CEN N 1922 . Safeguarding crushing points on machines by means of a limitation of the active forces, pre-standardization research).

5. Calcul de valeurs de sollicitation pour différentes parties du corps sur la base de seuils d’inconfort. A ce propos, les analyses du système main/bras ont la priorité. Ce faisant, il faudrait s’appuyer sur les travaux déjà réalisés au cours du passé par l'Institut pour la sécurité du travail des Berufsgenossenschaften.

6. Calcul de l’élasticité de parties du corps avec pour objectif d’en extrapoler des valeurs normalisées pour l’utilisation d’appareils de mesure avec une rigidité de ressort définie.

7. Elaboration de propositions pour l’exécution constructive d’arêtes de fermeture des machines afin de minimiser le risque de blessures.

8. Adoption de conditions-cadre proches de la pratique à la lumière de l’analyse des accidents se produisant avec des machines. A ce propos, on doit prendre en considération les forces statiques et dynamiques ainsi que la durée d’action de la sollicitation.


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